S'impliquer en droit à l'UQÀM, c'est bien plus qu'une ligne sur un CV

Il y a déjà deux ans et demi maintenant, je mettais les pieds pour la première fois à l'UQÀM en tant qu'étudiante au bac en droit, un peu perdue, avec un syndrome de l'imposteur comme beaucoup en première session. Lorsque je pense à ce qui a probablement le plus changé mon parcours au bac, ce n'est pas un cours en particulier, c'est le fait de m'être impliquée. L'implication à l'université, c'est souvent un sujet d'inquiétude pour plusieurs étudiants : est-ce que ma session va être trop chargée, où est-ce que je dois m'impliquer, etc. Cependant, aujourd'hui, avec un peu plus de recul, j'ai envie de vous convaincre de faire le saut, de vous démontrer qu'il y a plus de pour que de contre sur la liste.

Pourquoi s'impliquer ?

Tout d'abord, l'un des avantages incontestables de l'implication dans un comité, un concours de plaidoirie ou une clinique juridique, c'est qu'elle permet de sortir de la théorie et de plonger dans la pratique. Le programme de baccalauréat et/ou certificat en droit compte malheureusement peu de pratique contrairement à plusieurs autres programmes ayant des stages obligatoires. D'ailleurs, l'une des critiques les plus fréquentes que les étudiants formulent envers le cursus, c'est qu'il manque cruellement de pratique. Or, s'impliquer permet justement d'y avoir accès, chacun à sa façon : pour certains, ça passe par la recherche juridique; pour d'autres, par le développement de leurs aptitudes sociales. La clinique juridique, par exemple, permet de parler à de vraies personnes avec de vrais problèmes, bien avant d'avoir mis les pieds dans un cabinet ou une organisation. Ce genre d'expérience est très formateur: on développe des réflexes qu'aucun cours magistral ne peut vraiment enseigner. On y apprend à cerner les besoins des justiciables, à affiner nos capacités de recherche juridique et à se familiariser avec une clientèle variée.

Par ailleurs, s'impliquer, c'est aussi développer tout ce qui ne figure jamais sur un relevé de notes : travailler en équipe, gérer un échéancier, prendre la parole devant un groupe, négocier, convaincre. Il ne faut pas négliger non plus les concours de plaidoirie, qui sont très formateurs. Il y a une chose que je me suis dite en commençant mon bac : « Je ne veux pas plaider pour la première fois en tant que stagiaire toute stressée devant un juge, sans jamais l'avoir fait auparavant. » C'est exactement ce que le concours de plaidoirie m'a permis de faire : vivre ce stress-là une première fois, dans un cadre plus sécurisant qu'une salle de cour. Ce sont des compétences qui se développent seulement en se pratiquant, encore et encore.

Le côté humain, trop souvent sous-estimé

Ensuite, s'impliquer dans un comité, c'est se retrouver entourée de gens qui ont autant envie que toi de faire bouger les choses à la faculté. Ce sont des liens qui se créent naturellement, en organisant un événement ensemble ou en réglant un imprévu de dernière minute. On y apprend aussi à travailler en équipe, une qualité indispensable quand on pense à la réalité de la pratique. Plusieurs étudiants n'aiment pas les travaux d'équipe pendant le bac, mais la réalité, c'est qu'en pratique, un dossier repose souvent sur plusieurs professionnels qui travaillent ensemble. Quand un dossier est réussi, c'est toute une équipe qui a réussi.

Après deux ans à m'impliquer dans des comités, une bonne partie de mon cercle social au bac vient de là. Et ce cercle social, ce n'est pas anodin : nos collègues de classe seront, dans quelques années, avocats, notaires ou autres professionnels du droit. Nourrir ces relations et ces amitiés aujourd'hui, c'est aussi investir dans notre future pratique professionnelle, que ce soit avec de futurs collègues de travail ou même de futurs clients. Il est vrai que le droit, ça peut être une formation exigeante et parfois isolante quand on reste seulement dans ses cours, mais s'impliquer, c'est une façon simple de se sentir moins seule dans ce parcours. C'est toujours plus rassurant de croiser un visage familier dans un cours ou lors d'un événement de réseautage.

S'impliquer, ce n'est pas juste siéger sur un comité

Aussi, ce que je veux surtout démystifier, c'est l'idée que s'impliquer veut dire s'engager formellement dans un comité durant l'année complète. Ce n'est qu'une des façons de le faire parmi plusieurs. Assister aux événements organisés par les comités étudiants de notre faculté, c'est déjà s'impliquer. Ces activités-là ne sortent pas de nulle part : ce sont des étudiantes et étudiants en droit de notre université, comme vous, qui les pensent, les planifient et les organisent, pour la communauté étudiante. Y participer, c'est reconnaître ce travail-là et en profiter.

Les évènements ne sont pas possibles et réalisables sans la participation des étudiants. Ceux-ci constituent une opportunité en or de parler directement aux professionnels, de poser des questions qu'on n'ose pas poser en entrevue, et de se bâtir un réseau sans même s'en rendre compte.

Et la course aux stages dans tout ça ?

Par ailleurs, on entend souvent parler de l'implication étudiante à travers le prisme de la fameuse « course aux stages », comme si c'était la seule bonne raison de s'impliquer. Ce n'est pas faux : ce genre d'expérience se remarque sur un CV, et encore plus en entrevue, où on a des exemples concrets à raconter pour se démarquer. Bien que les notes aient une certaine importance lors de cette fameuse course aux stages, l'implication étudiante est une manière efficace de se démarquer, et ce, pour plusieurs raisons déjà mentionnées plus haut. La pratique acquise grâce à cela vous rend plus performante en entrevue, vous apprend à faire du « small talk » et représente un avantage lors de la sélection des étudiants pour la première entrevue. Cependant, si la course aux stages vous stresse ou ne vous intéresse tout simplement pas, ce n'est pas une raison de se tenir loin de l'implication : les bénéfices vont bien au-delà de ça.

Un dernier mot

Pour finir, je ne dis pas qu'il faut tout faire en même temps ni se surcharger, l'équilibre reste important dans un bac et/ou certificat aussi exigeant que le nôtre. Il faut aussi être conscient que la réalité de plusieurs étudiants, qui travaillent à temps plein durant leurs études ou qui sont parents, ne leur permet pas toujours de s'impliquer autant qu'ils le voudraient, et c'est tout à fait légitime. Mais si vous hésitez à vous impliquer auprès d'un comité, à vous inscrire à un concours ou même simplement à assister à un 5 à 7 organisé par un comité de la faculté, lancez-vous. Vous n'avez pas besoin d'attendre d'être « prêt » ou d'avoir plus d'expérience. On ne peut pas savoir si on est prêt si on n'a pas essayé. Parfois, il faut sortir de sa zone de confort pour se permettre de briller.